Le riz, surtout, est concerné. Les produits agricoles occupent aujourd’hui en Côte d’Ivoire la seconde place dans le tableau des importations (environ 19%), derrière le pétrole et produits miniers (environ 23%) et les produits manufacturés (près de 54%). Parmi ces produits agricoles, le riz tourne autour de 60% des importations. Cette denrée reste la première céréale consommée dans le pays, avec 60 à 70 kg par habitant et par an. La consommation actuelle tourne autour de 2 millions de tonnes par an, pour une production locale d’environ 1,5 tonne.
Si le pays continue d’importer du riz et de dépendre des fluctuations, c’est à cause de la faible capacité de production des riziculteurs.
L’espace existe, mais la culture en bas-fonds est coûteuse. Sans l’agro-industrie, difficile de ‘‘consommer ivoirien’’. Et comme les producteurs locaux ne décollent pas, ils sont étouffés par la concurrence : les importations.
Pour Singo Sidiki, président de la Fédération nationale des riziculteurs de Côte d’Ivoire (Fenariz-CI), il faut investir dans le milieu, car les surfaces cultivables en riz sont assez pour produire suffisamment à la hauteur de la demande nationale. «C’est au niveau de la transformation qu’il faut agir.
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Avec les usines, on peut prétendre conquérir le marché et être compétitifs. C’est ce qui nous a toujours manqué», note Singo Sidiki. Selon lui, une fois que le pays réussira à satisfaire la production nationale, les importations cesseront d’elles-mêmes.
Pour l’Agence de développement de la filière riz (Aderiz), l’Etat n’est qu’un facilitateur. Il faut une implication du secteur privé qui va maîtriser l’ensemble des éléments de la chaîne, la production, la transformation, la distribution.
Malgré la multiplication des partenariats, notamment avec l’Inde, et l’acquisition des unités de production de riz blanchi, le pays court après l’autosuffisance alimentaire. Les ONG qui soutenaient le secteur se retirent.
En cause, la mauvaise gestion des coopératives. Parfois, les fonds sont injectés dans le secteur, mais leurs destinations restent inquiétantes.
Raphaël Tanoh
