Un témoignage émouvant, qui illustre combien l’environnement des élèves à l’école est capital pour les protéger ou les anéantir. Au contraire de Mohamed, beaucoup d’élèves accros à la drogue, ne retrouve plus le chemin des classes.
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Les parents d’élèves qui ne sont pas toujours au courant des agissements de leurs progénitures ne sont informés qu’au dernier moment. Et très souvent, il est trop tard. À la Croix-Blue, ceux que nous avons rencontrés, ont refusés de revivre ces souvenirs douloureux. C’est finalement, un personnel soignant qui, sous le sceau de l’anonymat accepte de partager sa peine.
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Quand son neveu est venu du village pour vivre avec lui, en 2009, il n’avait rien soupçonné d’anormal chez le garçon. Poli, calme, moyen à l’école. Lors de sa classe de seconde, en 2012 à Adjamé, tout bascule.
Il l’a conduit à la Croix-Bleue pour faire la désintoxication. Une aventure traumatisante pour ce dernier. «On n’a pas très vite compris ce qui lui arrivait. Lorsque nous avons réalisé qu’il se droguait, c’était trop tard. Il était devenu bizarre du jour au lendemain. Mais je mettais cela sous le compte de la mode. Son accoutrement, ses chaînes au cou, ses tatouages… Il se laissait pousser les cheveux et refusait de se coiffer. Il y avait de l’argent qui manquait à la maison régulièrement et il était toujours cité. Un jour, je l’ai fait asseoir pour le questionner et il m’a tenu tête. Il s’est mis debout et a voulu me porter main. Il était devenu fou. On a décidé de mettre fin à sa scolarité et de l’envoyer en désintoxication. C’est là que j’ai su qu’il prenait des mélanges de drogues en comprimé, des amphétamines et qu’il fumait même du cannabis. Il avait de mauvaises fréquentations. Après cela je l’ai renvoyé au village, sinon il risquait de rechuter».
Recueillis par Raphaël Tanoh