Universités: Pourquoi des docteurs chôment

L’inadéquation formation-emploi continue de plomber l’Université.

Le système LMD est taillé sur mesure pour apporter une réponse à l’inadéquation formation/emploi. Mais, dans les faits, c’est un système que rame. Le système LMD en général et le doctorat en particulier n’arrive pas à faire le pont avec la sphère professionnelle. Le contenu des thèses semble à l’ouest comparativement aux réalités du monde professionnel. «C’est un objectif à atteindre, vu que l’école doctorale est récente. Sinon un projet de thèse, c’est fait pour répondre à un sujet précis, une question donnée. Ce problème peut être posé par une société, une commune qui est dans une difficulté, une entreprise qui commande quelque chose. Normalement, si le doctorat fonctionne bien, ces entités paient pour avoir accès à ces sujets et recrutent souvent les réalisateurs. Mais ce travail n’est pas fait, on en est loin», explique Dr. Yéo, SG de la Codec. Et le Prof. Johnson Kouassi Zamina de renchérir : «Les conditions de travail des étudiants et des enseignants sont telles que le résultat des travaux n’est pas scientifiquement à la hauteur des travaux de l’Université. Puisqu’il y a des références internationales. On ne peut pas rester en marge de l’évolution du monde universitaire avec des sujets dépassés dans les thèses».

Des filières à professionnaliser

A défaut de franchir un cap, à l’instar de la Chine et du Rwanda qui sont en passe de procéder à la suppression des filières dites non-porteuses,principalement des filières de sciences sociales, l’Université ivoirienne doit procéder à une refonte de ses curricula de formations afin d’éviter des ‘‘SOS docteur cherche emploi’’.  En effet, selon les docteurs non-recrutés, plus de 60% des titulaires du doctorat, sur le carreau, proviennent des filières de sciences sociales. De toute évidence, excepté le corps professoral, les acquis de ces étudiants au sortir de ce type de formations leur ouvrent une quasi-inexistante chance de débouchés dans le secteur privé. Il ne leur reste que l’enseignement. Une situation qui fait suite à la carence de stratégies visant à mettre en orbite une synergie entre les universités et les entreprises.

 «Il y a des filières porteuses et d’autres qui le sont moins. Aujourd’hui par exemple, tu ne peux pas faire un doctorat en Mathématiques et traîner. C’est un problème de filières, il faut qu’on revoie nos filières.  Il y a un problème au niveau de la formation, en amont, vu qu’on n’en a pas fini avec l’installation du LMD et la mise en route des ponts entre l’université et le tissu professionnel. En plus, il faut réformer certaines filières. Il y a des filières dans lesquelles il y a du besoin. A l’issue de leurs formations ou même au doctorat, ils sont recrutés. Par exemple, les filières d’enseignement. Pour les sciences sociales, il ne faut pas supprimer mais il faut revoir le nombre d’étudiants formés afin qu’en fin de cursus, il n’y ait pas une dichotomie entre le nombre d’étudiants et les opportunités professionnelles. En plus, il faut réadapter le contenu des curricula», préconise Dr. N’Guessan Kouamé, secrétaire du comité de suivi et de réunification de la Cnec.

Dans une récente enquête exclusive, Nordsud.info dévoilait des filières professionnelles taillées sur mesure pour répondre aux besoins du marché de l’emploi qui existent à l’Université de Cocody. Une preuve que la présidence de l’instance, à titre d’exemple, admet l’opportunité d’une refonte des filières.

Le niveau de rigueur et d’excellence requis depuis l’entrée en licence jusqu’au doctorat en passant par le master doit être rigidifié. Mieux, un cadre de collaboration entre les universités et les entreprises privées et publiques doit voir le jour. Il faut une mutualisation qui permettra d’offrir des opportunités professionnelles aux étudiants dont les formations vont de pair avec les besoins de la firme.

Charles Assagba

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