Après avoir publié les résultats d’une enquête dans le transport, la police, l’éducation, le ministère de la Promotion de la bonne gouvernance, du renforcement des capacités et de la lutte contre la corruption (Mpbgrclc) a récidivé. Le ministre Epiphane Zoro Ballo a annoncé ce jeudi une autre enquête dans le secteur de la santé. C’était au cours d’un point-presse au Plateau. Les missions d’investigation se sont déroulées, dit-il, dans 14 structures sanitaires dont 11 publiques et 3 privées. Ce sont, le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Treichville, le CHU de Cocody, l’hôpital général Félix Houphouet-Boigny d’Abobo, l’hôpital général de Koumassi, l’hôpital général de Port-Bouet, le centre hospitalier régional (CHR) d’Agboville, le Fsucom de Yopougon Kouté, l’Agefosyn de Yopougon Niangon sud, le centre de santé d’Abobo Clouetcha, le centre de santé communautaire d’Abobo Baoulé.
Détournement
Selon Epiphane Zoro Ballo, les formes de corruption constatées sont : La «facturation» des soins réputés gratuits dans les établissements sanitaires publics ; le «détournement» de patients des voies normales, telles que recommandées, vers des cliniques privées ; le «trafic illicite» de poches de sang ; le «conflit d’intérêt et abus de fonction» avec un trop-perçu. «Les catégories de personnes mises en cause sont : 3 médecins, 9 du personnel paramédical et de soins, 2 du personnel d’appui, 2 vigiles», a énuméré Epiphane Zoro Ballo. Il était accompagné par Pierre Dimba, ministre de la Santé, de l’hygiène publique et de la couverture maladie universelle, ainsi que de Anne Ouloto, ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration.
Le ministre Epiphane Zoro Ballo recommande aux autorités compétentes l’intensification des opérations et la sensibilisation des agents de la santé «par la co-animation périodique de points de presse sur les allégations constatées et les mesures fortes prises à l’issue des opérations coup de poing». Il demande aussi la poursuite des investigations dans toutes les structures sanitaires et à l’échelon national. «L’organisation d’une campagne de sensibilisation des agents de la santé à l’éthique professionnelle et sur les risques de corruption. Les poursuites judiciaires et des sanctions administratives contre les personnes mises en cause par l’ouverture diligente d’enquêtes dans les structures investiguées sur les cas rapportés; la prise de mesures disciplinaires appropriées à l’encontre du personnel fautif», a énuméré le conférencier.
«Chaque année notre pays perd plus de 1 300 milliards de francs CFA, soit 5% de son PIB. La corruption constitue dès lors et sans aucun doute un défi important pour la bonne gouvernance, la croissance économique durable, la paix et le développement», a indiqué le ministre.
Raphaël Tanoh