Depuis sa nomination, le ministre-gouverneur, Cissé Ibrahim Bacongo, a démoli cette année plus de baraques qu’aucun autre de ses prédécesseurs. Ce sont environ 176 sites à risques d’inondations qui sont dans le viseur du nouveau patron du District autonome d’Abidjan.
Mais cette opération qui vise à assainir et protéger les populations des risques liés aux pluies diluviennes, a suscité un vif débat suite à la vingtaine de morts et les dizaines de blessés dénombrés à Abidjan, pendant les dernières averses. Malgré le déguerpissement, arguent certains, le ministre-gouverneur n’a pas pu éviter, ni des morts, ni les inondations de quartiers. C’est le cas de Gaoussou Drago, ancien membre du comité de surveillance de Mossikro, qui travaillait avec la mairie d’Attécoubé pour assainir le quartier. « Il y a eu beaucoup trop de casses cette année. Les Abidjanais n’ont jamais assisté à autant de destruction. Le ministre-gouverneur nous a dit que c’était pour éviter qu’il y ait des morts pendant la saison des pluies. Mais cela n’a rien changé finalement. Il y a eu une vingtaine de morts et plusieurs blessés. Ça, ce sont les chiffres officiels », a indiqué M. Grabo à Nordsud.info.
Si plusieurs Ivoiriens partagent ce point de vu, une grande majorité salue plutôt les actions de Cissé Ibrahim Bacongo. C’est le cas notamment de Drissa Bamba, président du Mouvement ivoirien des droits humains (Midh). « A-t-on dénombré des morts à Banco 2 ou à Gesco, par exemple ? Non. Les quartiers qui ont été déguerpis n’ont pas enregistré de décès à la suite de la saison des pluies. Nous sommes presque sûrs que si le déguerpissement n’avait pas eu lieu, nous aurions eu plus de décès cette année, vu l’intensité des pluies », a fait savoir Drissa Bamba ce jeudi à la rédaction de Nordsud.info. Même analyse pour Hassan Camara, imam de la mosquée d’Adjamé-Payet. « Même les grandes capitales du monde ont connu des inondations à cause des pluies cette année. Le déguerpissement était nécessaire. Ce que nous demandons en revanche, c’est un endroit où reloger les gens », a fait savoir le religieux ce jeudi.
Georges Dagou