Laurent Gbagbo vient de déchirer la réconciliation nationale. Au cours d’une interview diffusée cette nuit sur France 24, le président du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a clairement refusé de reconnaître sa part de responsabilité dans la commission des violences post-électorales de 2010-2011 ayant fait plus de 3000 morts en Côte d’Ivoire. Contrairement à son ancien ministre de la Jeunesse qui a fait acte de contrition en demandant pardon à toutes les victimes.
«Moi, je ne suis pas Charles Blé Goudé. Je suis Gbagbo Laurent, ancien Président de la Côte d’Ivoire. Je ne parle pas comme Charles Blé Goude. Les problèmes qui se posaient en Côte d’Ivoire, sont très graves pour qu’on s’amuse avec. Il faut les poser et pour dégager les responsabilités … Moi, je ne suis pas là pour demander pardon», a-t-il coupé. Avant de s’étendre sur les relations franco-ivoiriennes liées à la gestion de cette crise post-électorale.
« L’heure d’avoir des bases militaires étrangères dans nos pays est passée(…)
Nicolas Sarkozy, fait partie de ceux qui ont bombardé ma maison. Je me suis demandé que vient faire la France dans une affaire de contestation des élections en Côte d’Ivoire?
Je ne sais pas s’il voulait me tuer mais, j’ai trouvé dommage qu’on me traite comme un vulgaire délinquant, un malfrat ! », a-t-il dénoncé son départ du pouvoir en 2011.
Concernant la prochaine présidentielle de 2025 qui anime déjà les débats, Laurent Gbagbo a une fois de plus laissé planer le suspens sur ses intentions. «Concernant les présidentielles de 2025, je n’exclus rien. Si notre cheval présente les chances de gagner, on va avec lui. Autrement, j’y vais.» Il a longtemps insisté sur le fait que certaines personnes veuillent veuillent le faire sortir du jeu politique. Avant d’estimer qu’Alassane Ouattara a violé la Constitution en se présentant pour un 3e mandat.
«Je refuse que quelqu’un d’autre décide pour ma vie ( …) Et je refuse cela (…) Je pense que le problème en Afrique, on ne respecte pas les textes qu’on écrit (…) On a l’impression qu’ on écrit les textes pour imiter les occidentaux (…) Quand on écrit une loi, il faut la respecter (…) Je suis pour la limitation des mandats à deux mais les gens ne sont pas obligés d’être pour la limitation des mandats ( …) Il y a des pays où on ne limite pas les mandats (…) La chancelière allemande a fait 16 ans. Qui lui reproche cela( …) Il faut qu’on soit logiques. La démocratie c’est aussi ça …qu on émet deux mandats il faut qu’on respecte cela ».
Laurent Gbagbo a dit espérer rencontrer à nouveau le Président Ouattara et obtenir la libération de tous les prisonniers de la crise de 2010. Il a confirmé avoir plaidé auprès du président en faveur du retour au pays de Guillaume Soro.
A la question de savoir si sa condamnation à 20 ans dans le cadre du procès du casse de la Bceao, il a une une fois encore affiché sa morgue. « Je n’attends rien (amnistie de Ouattara). Je n’ai braqué aucune banque. On ne va pas me faire admettre ce qui est inadmissible «
Celui qui a endossé, dimanche, les habits d’un leader panafricaniste en lançant un nouveau mouvement, le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a à la surprise générale botté en touche une question panafricaniste: « Le problème du Tchad, ce n’est pas mon affaire, le président français fait ce qu’il veut là-bas, c’est son problème », a répondu Laurent Gbagbo à une question du journaliste.
Bakayoko Youssouf