Kouamé Bertoni : « Les instituteurs adjoints quittent l’enseignement »

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 211 vues

Kouamé Bertoni  secrétaire général du  Réseau des instituteurs de Côte d’Ivoire (Rici) revient sur le recrutement des instituteurs adjoints.

On le sait, le concours des instituteurs adjoints a été lancé il y a quelques jours. Pourquoi n’êtes-vous pas parvenus à faire supprimer ce type de recrutement ?

Nous avions réussi à le faire en 2012. Mais en 2015, non seulement l’Etat s’est remis subitement à recruter les instituteurs adjoints, mais il ne recrute plus d’instituteurs ordinaires.

Vous a-t-on donné les raisons de ce brusque changement ?

Les autorités nous ont expliqué que la Côte d’Ivoire n’avait pas les moyens de recruter les instituteurs ordinaires. Mais nous disons que cette explication n’est pas acceptable, parce que c’est une manière de dire qu’on accepte de régresser. Nous étions cités comme exemple dans les années 80 en matière d’éducation.

Mais selon des sources, le niveau des instituteurs adjoints est assez élevé parce que ce sont des candidats avec le baccalauréat, la licence, voire la maitrise…

C’est aussi ce que les autorités nous donnent comme explication. Mais le niveau pour recruter au concours des instituteurs adjoints c’est le Bepc. En plus, le Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la Confemen (Pasec), nous a donné raison en 2012, en 2014, en 2018 et en 2020, en publiant des statistiques qui démontrent que le niveau des enseignants a baissé en Côte d’Ivoire. Le risque surtout c’est que les candidats qui sont recrutés comme instituteurs adjoints avec le baccalauréat, la licence, ne restent pas. Dès qu’ils arrivent à faire des économies, ils cherchent à partir. Ils quittent l’enseignement.

Continuez-vous à vous battre pour la suppression de ce poste ?

Oui. Cette revendication été inscrite dans les états généraux de l’éducation nationale.  Parce que les instituteurs adjoints resteront des problèmes dans la durée pour l’Etat.

Comment vivez-vous le déficit d’enseignants en Côte d’Ivoire ?

C’est un problème que nous dénonçons depuis de nombreuses années. La Côte d’Ivoire manque d’enseignants, malgré les recrutements effectués ces dernières années par l’Etat et que nous saluons. À cause de ça, chaque année, de nombreux élèves n’arrivent pas à terminer le programme scolaire.

Que faut-il faire, selon vous, pour pallier ce problème ?

C’est simple, il faut recruter plus.  Ce sont des sujets que nous avons évoqués pendant les états généraux de l’Education nationale. Il va falloir que l’Etat augmente ses postes budgétaires. Nous savons tous que l’éducation est un secteur capital pour le développement de tout pays. C’est donc un effort supplémentaire que l’Etat doit faire. Et nous espérons que les propositions faites pendants les états généraux seront prises en compte.

Plusieurs établissements utilisent les services des bénévoles pour combler le vide. Que pensez-vous du niveau de ces personnes ?

Nous essayons de leur donner un bon niveau pour enseigner. Mais tous les bénévoles ne sont pas à la hauteur, il faut le reconnaître. Et cela peut avoir une incidence sur le niveau des élèves. L’idéal,  c’est de les rassurer en les mettant dans un mécanisme d’intégration progressive à la Fonction publique.

Entretien réalisé par Georges Dagou

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