Sous les vivats de ses sympathisants, et l’émotion des siens, Moussa Dadis Camara, l’ancien président de transition entre décembre 2008 et janvier 2010 a fait son retour sur le sol guinéen, ce 22 décembre. Un retour au bercail qui met fin à 11 années d’exil.
Entre son transfert en catimini, le 4 décembre 2009 au Maroc pour des soins suite à une tentative d’assassinat menée par son aide de camp suivi de son long exil au Burkina, et ce retour en grande pompe, ce 22 décembre 2021, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. C’est un nouveau Dadis Camara. Pour ses premiers pas sur le sol guinéen, qui sonnent le glas à 11 ans d’exil, Moussa Dadis Camara, l’ex-homme fort de la junte au pouvoir entre décembre 2008 et janvier 2010, s’est en effet agenouillé, une bible dans la main et le coran dans l’autre. En lieu et place de son inamovible et iconique tenue de militaire, Moïse Dadis Camara, de son nouveau nom suite à sa conversion au catholicisme, a foulé le sol guinéen vêtu d’un costume bleu et d’une cravate rouge.
Après avoir fait observer une minute de silence à la mémoire de tous les martyrs, «mais plus particulièrement [à] ceux des événements du 28 septembre 2009» Dadis Camara s’est entretenu avec la presse. Il a brûlé un cierge au colonnel Mamadi Doumbia, actuel président de transition, pour avoir donné son accord à [son] retour sur la terre de [ses] ancêtres. «Merci pour tout et je vous souhaite plein succès dans votre noble et exaltante mission qui consiste à unir les Guinéens, les réconcilier et jeter les bases d’une démocratie», a-t-il indiqué. Parallèlement au dossier judiciaire du massacre du 28 septembre 2009 qui a fait 157 morts, des milliers de blessés et de nombreux viols lors d’un meeting de l’opposition d’antan, Moussa Dadis Camara est favorable à la tenue d’une promesse visant à élucider les circonstances du drame et identifier les auteurs. «Je suis prêt à me mettre à la disposition de la justice, car nul n’est au-dessus de la loi (…) Je m’en voudrais de ne pas admirer les avancées considérables des nouvelles autorités du pays dans le dossier du 28 septembre 2009. Je voudrais encourager la tenue de ce procès. Ce serait non seulement un «ouf» de soulagement pour les familles des victimes, mais aussi pour le peuple de Guinée qui attend depuis plus de dix ans que la responsabilité des uns et des autres soit définitivement située», a-t-il lancé.
Charles Assagba