Gbagbo : Deux possibilités pour être présidentiable

Laurent Gbagbo doit compter sur la compassion du Chef de l'Etat pour figurer sur la liste électorale.

C’est devenu son combat le plus important: œuvrer pour figurer sur la liste électorale. Depuis son retour sur le sol ivoirien, Laurent Gbagbo traîne comme un boulet sa condamnation dans le cadre du braquage de la  Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Beceao), qui a eu lieu en 2002. Même gracié, l’ancien Chef de l’Etat ne peut jouir pleinement de ses droits civiques et se trouve par conséquent dans l’incapacité d’être présidentiable pour 2025. Pourtant, le ‘‘Woody de Mama’’ a déclaré il y a quelques semaines qu’il sera le candidat du Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI), pour reconquérir l’exécutif dans environ un an. Et ses militants ne cessent de demander sa réintégration à la liste électorale. Mais, selon le politologue Landry Kuyo, pour être totalement blanchi, deux voies s’offrent à l’ex-pensionnaire de la Cours pénale internationale (CPI).

Projet de loi d’amnistie

D’abord, compter sur la magnanimité du Président de la République Alassane Ouattara. Dans ce cas, Ouattara devra accepter de porter un projet de loi d’amnistie qui passera au parlement. « Cela peut arriver dans le cadre de la réconciliation nationale. C’est le seul moyen pour que Laurent Gbagbo réintègre la liste électorale. Le Chef de l’Etat a commis une erreur en 2018 lorsqu’il a pris un décret présidentiel pour amnistier plusieurs personnalités politiques. Ce n’est pas la procédure, car l’amnistie exige une loi », signale Landry Kuyo. Toute la question est là : quel intérêt Alassane Ouattara aura-t-il de porter un tel projet de loi ?

Attendre 2045

D’après l’expert, Gbagbo peut aussi compter sur son allié, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-RDA). « Ce serait risqué de miser sur le Président de la République pour être blanchi. Si le Pdci est vraiment son allié, alors Laurent Gbagbo doit se rapprocher de lui et lui demander de porter le projet de loi d’amnistie. Même s’il ne passe pas à l’assemblée nationale, cela aura le mérite de créer un incident politique qui le mettra à l’ordre du jour. Et s’il est malin, il doit associer d’autres personnes condamnées comme lui, pour ne pas faire croire que le projet de loi d’amnistie porte uniquement sur sa personne », poursuit le politologue. Sinon, conclut M. Kuyo, il peut encore attendre 20 ans,  date  à laquelle sa peine aura été purgée, pour se représenter à la présidentielle. Donc, en 2045.

Georges Dagou

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