Démolition des maisons à Abidjan: Les quartiers visés

par nordsud.info
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Après l’effondrement d’un immeuble R+4 en mars dernier à la Riviera causant plus d’une dizaine de morts, la guerre est déclarée aux constructions illégales.

On le sait, le ministère de la Construction, du logement et de l’urbanisme est sur le pied de guerre contre les constructions illégales. Ce jeudi 22 avril, la brigade d’investigation et de contrôle urbain a démoli un bâtiment R+3 à Anono village. Selon les services techniques du ministère de la Construction, le propriétaire du bâtiment n’avait pas de permis de construire. «Lorsque le ministère a constaté cela, nous lui avons laissé le temps de corriger cette erreur. Pendant ce temps, la brigade a procédé à l’inspection dudit bâtiment. Des défauts de construction ont été décelés. On lui a laissé deux mois pour les réparer, il n’a pas réussi à le faire. Alors, le bâtiment a été démoli», explique un proche collaborateur du ministre de la Construction.

Permis de construire

Il faut dire que le ministre Bruno Koné a décidé de passer à la vitesse supérieure depuis les récents effondrements d’immeubles à Abidjan. «Plusieurs communes sont concernées par les contrôles de la brigade d’investigation et de contrôle urbain. Mais la commune la plus touchée est en premier, Cocody, parce qu’il y a énormément de constructions. Ensuite, il y a Bingerville, puis Yopougon», signale notre interlocuteur. Avant, lors des contrôles, il y avait une sorte de compassion de la part des autorités vis-à-vis des propriétaires de chantiers. «Aujourd’hui, après le contrôle, si vous n’avez pas de permis de construire, on vous laissera un délai pour régulariser la situation. Si vous avez un défaut de construction, on vous laissera également un délai. Après, si ce n’est pas corrigé, on démolit le bâtiment», prévient notre source.

Le délai n’excède pas trois mois. En plus, pour la démolition, les frais sont à la charge du propriétaire de l’immeuble : le bulldozer, l’équipe technique, etc. «80% des propriétaires de maisons n’ont pas de permis de construire. On a laissé faire, après, il était impossible de démolir toutes ces maisons. Mais il faut que cela cesse», signale un autre interlocuteur au ministère de la Construction, qui n’a pas souhaité être cité.

50 000 chantiers

Cependant, il y a un hic. Abidjan compte à elle seule environ 50 000 chantiers, d’après les chiffres du ministère de la Construction. Comment contrôler toutes ces chantiers ? Les effectifs de la brigade d’investigation et de contrôle urbain sont loin de suffire. «Il y a quelques années, nous étions à 10 éléments de la brigade dans la commune de Cocody qui compte pourtant beaucoup de chantiers. Il n’y avait qu’un seul véhicule de patrouille. Aujourd’hui, on est à 100 personnes, dotées de motos. Mais, c’est encore insuffisant pour que nous soyons efficaces sur le terrain», note le ministère de la Construction.  L’autre problème qui pourrait constituer un frein, c’est le favoritisme et la corruption. Le favoritisme étant le frère jumeau de la corruption, dans la mesure où, pour entamer la construction d’un bâtiment, le propriétaire compte sur «celui qu’il connaît», ou bien «compte donner quelque chose à quelqu’un». À surveiller donc de très près.

Raphaël Tanoh

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