C’est un échange téléphonique qui fait tomber un mur de silence de plus de cinq ans. L’ancien président de l’Assemblée Nationale, Soro Kigbafori Guillaume a indiqué, ce 4 avril avoir passé un coup de fil au président de la République ivoirienne, Alassane Ouattara dans le courant du mois de Mars. Un geste du président du parti Générations et Peuples Solidaires qui vise à « saluer le début de la décrispation politique en Côte d’Ivoire, marqué par les mesures d’élargissement prises en faveur de ses proches compagnons, dont le vice-président de Générations et Peuples Solidaires, M. Koné Souleymane », souligne-t-il dans un communiqué. L’ancien premier Ministre ivoirien a par ailleurs souligné que les échanges ont été empreints de « cordialité » tout en soulignant « sa volonté de servir la cause de la réconciliation et de la paix en Côte d’Ivoire ». Une droite ligne dans laquelle, il « demeure ouvert au dialogue ».
Survivre politiquement
Derrière ce communiqué se dissimule certes l’issue d’un bras de fer qui aura tourné en faveur du Président de la République mais aussi l’instinct de survie politique de Guillaume Soro. « Ce que veut Guillaume Soro c’est déjà survivre politiquement. Depuis l’extérieur, il est difficile de tenir un parti. Et imaginez-vous que 2025 se passe sans lui, il aura perdu et raté deux élections présidentielles alors qu’il estime être présidentiable. On a vu les stigmates de l’exil sur son physique. Ça coute cher l’exil. Si un nouveau personnel politique accède au pouvoir, ce sera terminé pour lui, il va falloir se maintenir dans le jeu. Il avait tenté l’option de la confrontation qui n’a pas marché, aujourd’hui, c’est une autre approche qu’il utilise afin de pouvoir rentrer en Côte d’Ivoire », commente Landry Kuyo, analyste politique joint par la rédaction de Nordsud.info. Une analyse qui va de pair avec un tweet de Guillaume Soro publié sur le réseau social X. « C’est vrai. Lui et moi avons parlé au téléphone. Ce n’est pas un poisson d’avril. La prochaine fois ce sera en Côte d’Ivoire. L’élection présidentielle de 2025 n’est plus loin. Il faut s’activer ». Un court message qui met en surbrillance les deux objectifs de Guillaume Soro, en l’occurrence un retour en Côte d’Ivoire et sur la scène politique à l’orée de la présidentielle. Le choix du timing et le contenu de la rhétorique sont ainsi révélateurs des enjeux de sa démarche pour son retour au bercail.
Charles Assagba