Congo : Tensions à Kinshasa après la mort d’un étudiant lors d’une bavure policière

par nordsud.info
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Honoré Shama Kwete, étudiant en cinéma à l’Université de Kinshasa, a été assassiné, samedi, par un policier suite à un présumé contrôle d’autorisation de tournage qui aurait dégénéré. 48 heures après le drame, c’est la bérézina. Sur fond de manifestations orchestrées par les condisciples du défunt universitaire pour réclamer justice, des affrontements mettant aux prises les étudiants, les kulunas (ndlr, voyous des quartiers populaires) et les policiers ont éclaté, ce lundi.

Heurts à Kinshasa après la mort d’un étudiant

Jets de pierres, tirs de sommations à coups de gaz lacrymogènes, arrestations en cascades des manifestants : les alentours de l’Université de Kinshasa (Unikin) ont été le théâtre, ce lundi, d’un bras de fer. Les heurts ont opposé les pensionnaires de l’Unikin aux kulunas et aux policiers, accusés de faire bloc contre les revendicateurs estudiantins. Cloués au pilori sur la toile, les larrons ont déserté les lieux. Toutefois, les échaufourées ‘’Policiers Vs Etudiants’’, qui avaient été atténuées un tantinet par la libération de quelques universitaires, ont repris de plus belle dans la foulée.

Mort de Honoré Shama Kwete : Que s’est-il réellement passé le 25 juillet ?

De fait, le drame qui a allumé la mèche, remonte au samedi 25 juillet.  «Nous étions en plein tournage quand un policier est arrivé et a demandé de l’argent. Nous lui avons donné 3 000 francs congolais et il est parti (…) Quinze minutes après, le même policier est revenu avec ses collègues et, cette fois-ci, ils ont commencé à récupérer notre matériel avant d’arrêter l’assistant qui surveillait le tournage. Nous nous sommes décidés à aller aider notre camarade. Arrivée sur place, la police nous a sommés de quitter l’endroit, sinon, ils allaient tirer sur nous. Face à notre résistance, ils ont tiré une balle au sol et deux autres sur notre camarade, qui est décédé sur place», explique Rachel Malonda, l’une des camarades de classe de la victime, dans un enregistrement audio que Jeune Afrique s’est procuré.

Des sons discordants relativement au contenu du communiqué rendu public par la police nationale, le 25 juillet. «Les éléments de la police ont exigé du groupe de brandir un document légal autorisant le tournage. Ne l’ayant pas, l’assistant ou l’enseignant qui encadrait les étudiants dans ce travail a été emmené par les policiers, ce qui a provoqué la colère des étudiants qui, en exigeant la libération de leur encadreur, se sont mis à lancer des projectiles sur les policiers (…)  C’est alors en voulant tirer une balle de sommation par terre, par imprudence selon les collègues du policier, que l’étudiant Honoré Shama Kwete sera atteint au ventre et mourra sur place», indique la note.

Charles Assagba

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