Le Tribunal militaire de Ouagadougou a annoncé l’ouverture le 11 octobre prochain du procès relatif à l’assassinat de Thomas Sankara. L’ex-président burkinabè, Blaise Compaoré, et 13 autres individus sont inculpés dans ce procès dont l’enjeu majeur sera de faire la lumière sur le meurtre, le 15 octobre 1987, du père de la révolution burkinabè.
34 ans après les évènements, ce procès vient illuminer le bout du tunnel pour les familles des victimes. L’un des avocats de ces derniers parle de «temps de la vérité judiciaire».
«Cela fait un long moment d’attente pour que s’établisse de façon claire et précise devant tout le monde, les responsabilités individuelles et collectives qui ont conduit à cette tragédie du 15 octobre 1987», a déclaré l’avocat.
Mis en accusation pour attentat à la sûreté de l’État, complicité d’assassinat et recel de cadavres, le successeur du défunt «Che Guevara africain» au palais de Kosyam, Blaise Compaoré est en exil sur le sol ivoirien. Son chef de sécurité d’antan, Hyacinthe Kafando, inculpé pour les mêmes chefs d’accusations, a pris la poudre d’escampette depuis l’ouverture de l’enquête en 2015. Des indiscrétions révélées par RFI indiquent qu’«Il s’était établi en Côte d’Ivoire, mais il se fait discret, et il est toujours en vie».
Bien qu’étant tous sous le coup d’un mandat d’arrêt international, la probabilité d’une comparution de Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando est faible. Les places réservées aux deux hommes sur le banc des accusés seront a priori vacantes ce 15 octobre 2021.
Charles Assagba