Bombardement de Bouaké : Les 3 accusés condamnés à la réclusion à perpétuité

Neuf soldats français et un civil américain ont été tués, le 4 novembre 2004, dans le bombardement de leur camp militaire.

Jugés par coutumace pour leur responsabilité dans le bombardement du camp français de Bouaké, Yury Sushkin, le mercenaire biélorusse et les deux officiers ivoiriens, Ange Gnanduillet et Patrice Ouei ont écopé de la réclusion à perpétuité, ce jeudi 15 avril 2021 à la cour d’assises de Paris.

Les trois membres de l’équipage de bord des avions de chasse ont été jugés coupables d’assassinat et de tentative d’assassinat, par la cour d’assises de Paris. Un verdict qui met un terme à trois semaines d’audiences tout en conservant un brouillard sur l’identité du commanditaire de l’opération militaire. A priori attendus pour donner des indices sur le donneur d’ordre et la raison du mutisme français lors de l’interpellation des trois exécutants au Togo, les témoignages de Michèle Alliot Marie qui était ministre de la défense à l’époque, de Michel Barnier (Ministres des Affaires étrangères) et de Dominique de Villepin (Ministre d’Intérieur) n’auront pas eu l’effet escompté. «Il n’appartient pas à la cour de discuter des raisons ayant conduit les autorités françaises à décliner l’offre du ministre de l’Intérieur du Togo», a expliqué le président de la cour à l’énoncé du verdict.

Les interrogations des familles des 9 victimes et des 38 blessés demeurent donc sans réponses. Pis rien n’indique que les bourreaux purgeront la peine prononcée, ce jeudi, en leur absence.  En effet, l’avocat général a qualifié de «faibles», les chances d’une arrestation des trois coupables. «Le procès est terminé, mais pour nous, ce ne sera jamais terminé. Nous cherchons toujours les responsables, les donneurs d’ordre, et les accusés sont absents» a indiqué Jean-Paul Roko, rescapé de l’attaque. «Les ministres qui sont venus devant la cour se sont tous pointés du doigt, ils se sont tous rejetés la faute. Et je pense que personne ne sera vraiment inquiété au niveau du gouvernement», estime Maxence Capdeville, dont le père a perdu la vie dans le bombardement.

Charles Assagba

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