Après le départ de son mentor du FPI: Affi fait le procès de Gbagbo

Pascal Affi N'GUessan a perdu dans le Moronou.

Sa sortie était très attendue, après celle du Président Laurent Gbagbo. Eh bien, Pascal Affi N’Guessan n’a pas déçu son auditoire. Le 9 août dernier, Gbagbo a trop parlé, d’après Affi. Il n’aurait pas dû. Au cours d’une conférence de presse animée ce samedi au siège du Front populaire ivoirien (FPI), aux Deux-Plateaux, le président du FPI a décortiqué la situation qui prévaut en ce moment après la décision de son ancien mentor de créer un autre parti. M.Affi se dit serein à ce sujet. «Celui qui pense que je vaux quelque chose, nous marcherons ensemble. Celui qui ne veut pas marcher avec moi, il est libre d’aller où il veut», a signifié le conférencier.

Un parti basé sur l’ethnie

Ce qui se passe en ce moment au sein du parti, à l’entendre, est un test pour la démocratie.  Et Affi de souligner : «Moi, je veux marquer l’histoire, je veux ouvrir les voies, même là où les gens pensent qu’il n’y a pas de voie (…) ». Selon lui, le FPI ne doit pas être un parti basé sur l’ethnie, sur le culte de la personnalité. «C’est seulement de cette façon que nous mettrons fin à la division», a indiqué le président du FPI.  Que deviendra le FPI, une fois que Gbagbo aura créé son parti ? Réponse d’Affi : «Le FPI fait son parcours. Et nous verrons».

Pascal Affi N’Guessan a ensuite fait le rapport avec les militants venus le soutenir ce samedi, au siège du parti. «Ceux qui connaissent Gbagbo, ont vécu avec lui, sont là (…) Parce que ce sont des militants de la démocratie et de la liberté. Et je sais que demain, beaucoup vont nous rejoindre», s’est étendu le député de Bongouanou.  Affi annonce le congrès du FPI pour les prochaines semaines, et promet qu’on verra de nouveaux visages. Des gens qui quitteront Gbagbo pour le rejoindre.

Gbagbo est le seul responsable

Pour lui, Gbagbo seul est responsable de cette situation. «En décidant d’aller créer un autre parti (…) Laurent Gbagbo reconnaît implicitement qu’il n’est pas le président du FPI (…) Il a causé au FPI un grave préjudice moral et politique (…)  Gbagbo a choisi la rupture (…) Il en porte la responsabilité morale, la responsabilité politique, la responsabilité totale (…) », a chargé M Affi. À l’entendre, le fils de Mama n’a jamais voulu le rencontrer. «Laurent Gbagbo a cherché à m’arracher le parti sans même chercher à m’entendre», s’est dit désolé Affi N’Guessan.   

Avec une rupture aussi consommée, ses rapports avec Laurent Gbagbo étaient-ils déjà difficiles avant la crise postélectorale ? Oui, a reconnu Affi N’Guessan.

Ses rapports avec Gbagbo

«Nous étions tous deux concernés par la marche du pays. Pendant l’exercice de son mandat, nos rapports n’ont pas été toujours fusionnels, synergiques (…) À un moment donné, le parti a disparu de l’environnement du Président (…) Ce qu’il reprochait au parti, c’est cette indépendance d’esprit (…)  c’est ce qui irritait le Président Gbagbo (…) Il préférait avoir autour de lui des gens qui obéissent plus qu’ils ne réfléchissent», a dépeint Pascal Affi N’Guessan.

Les divergences avec Gbagbo étaient donc déjà présentes avant l’élection présidentielle de 2010. Gbagbo, selon Affi, a commencé à susciter la création d’autres structures pour concurrencer le FPI. Et il a confié son élection à des «mercenaires». Pour Affi, c’était une erreur stratégique. «Quand ça a chauffé, on n’a pas vu les mercenaires. C’est nous qui sommes aller en prison (…) Je n’ai pas fait d’allégeance», a indiqué Affi. Ceux qui le considèrent comme un traître, selon lui, se trompent. «Si je voulais trahir Gbagbo, ce serait le 11 avril 2010», fera-t-il savoir.  Et Affi de poursuivre : «J’ai essayé dans la mesure du possible de rester loyal». Toutefois, a insisté le conférencier, il n’y a pas de problème personnel entre lui et Gbagbo. C’est un problème politique. «Demain, si je suis à Mama, je vais lui parler», a rassuré un Pascal Affi N’Guessan très sûr de sa force.

Raphaël Tanoh

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