12 août 2019- 12 août 2021 . 730 jours que Arafat DJ, la figure emblématique du coupé décalé, est décédé dans un tragique accident de la route.
Au mémorandum du second anniversaire de ce tragique décès, l’originalité du répertoire musical de l’artiste, l’inébranlable amour de sa fan base baptisée Chine Populaire et l’élan d’hommage national orchestré par ses intimes remontent à la surface .
Tee-shirts customisés à l’effigie du défunt patron du coupé décalé, rassemblements populaires organisés au lieu où l’artiste a rangé à jamais son micro à Cocody Angré, salves de messages inondant la toile en sa mémoire : les signes d’un jour singulier sautent aux yeux, ce jeudi. Happés, tant par la personnalité que les « roucasscass » désordonnés du Daishikan, les chinois se remémorent ce second 12 août, le miroir brisé d’une jeunesse ivoirienne débordante de joie, éprise d’originalité. Une juvénilité étiquetée au faciès (style vestimentaire, coiffure, mode d’expression) de bandit, targuée d’irresponsable à tord ou à raison, mais surtout incomprise.
Marquée par des clashs à répétition et de redondants déboires, les pages sombres de l’histoire du Commissaire 5500 volts, s’étiolent un peu plus, à l’occasion de la célébration de cet an 2. Ces fresques, dont les détracteurs du Commandant Zabra, usaient à tord ou à raison en vue de clouer le chanteur au pilori ou pour justifier leur desamour à son égard, se meurent.
Elles laissent place au mémorial du décès d’une icône, mi-ange ou mi-démon, qui, somme toute, a fait son trou dans le cœur des chinois d’ici et d’ailleurs, des mélomanes ivoiriens et ivoirophiles.
De Jonathan son premier hit, à son ultime opus Moto moto en passant par Djessimidjeka, l’hymne national de la Chine, les productions musicales de l’artiste font revivre un talent hors pair et une personnalité atypique. Comme le disait le rappeur français, Youssoupha: « Il y a ceux qui meurent à 33 ans comme Jesus Christ et Arafat ».
Charles Assagba