Abidjan : Quand les gares anarchiques créent le désordre

Après les opérations de déguerpissement de certaines gares routières dans les communes du district d’Abidjan, quelques-unes ont refait surface à des endroits non commodes. Zoom sur un phénomène qui prend de l’ampleur.

Les raisons de la présence des gares anarchiques

Mardi 28 septembre. Il est 9 heures. En face de l’entrée principale de la mairie d’Abobo, des dizaines de véhicules de transports en commun stationnent et récupèrent des passagers sur la chaussée. Les apprentis de gbaka (véhicules de transport en commun) et autres « syndicats » cherchent des clients en partance pour la commune d’Adjamé. Le stationnement se fait de manière désordonnée. Et cela dérange la circulation sur la voie publique. Des bouchons ne manquent pas de se créer ici et là.  Un grand désagrément pour les usagers qui préfèrent très souvent contourner cette grande voie. Le problème dure depuis des années. Ici, le responsable de la gare, se fait appeler « Demsy ». Il vit ce désordre urbain tous les jours. Et il n’y a eu jusque-là personne pour les déguerpir d’ici.

«Nous n’avons pas reçu d’autorisation pour nous installer ici. Mais le problème est qu’on nous a demandé d’aller à la nouvelle gare située à pk18 et cela ne nous arrange pas. Imaginez quelqu’un qui habite à la gare d’Abobo et qui veut aller à Adjamé. Où va-t-il emprunter son véhicule ? Ce sont les populations elles-mêmes qui nous encourage à rester», explique-t-il.

Ce problème n’est pas propre à la seule commune d’Abobo. Au feux tricolores du ‘‘carrefour Azur’’ sur la route du Plateau-Dokui, c’est le même désordre. Le carrefour a été transformé en gare. Que le feu soit rouge ou vert, les usagers ont du mal à circuler.

Les conducteurs de taxis communaux en partance pour Cocody cherchent des clients malgré les embouteillages qu’ils créent à cause du mauvais stationnement. Des dispositions dont se plaignent certains usagers : « Ils cherchent des clients, certes, mais ils stationnent mal. On a du mal à circuler normalement et cela nous gêne. Voilà l’une des raisons pour lesquelles nous sommes confrontés à des embouteillages tous les jours à ce lieu », déplore Anicet Kouakou, conducteur de véhicules particuliers.

À la ‘place dite ‘Liberté’’, dans la commune d’Adjamé, c’est également le bazar. Les klaxons de véhicules et les embouteillages sont le lot quotidien des populations. Sur la voie, les trottoirs, le rond-point, les gbaka et wôrô-wôrô stationnent partout et n’importe comment pour prendre ou débarquer des passagers. En allant à Cocody, la voie est engorgée. Du côté du Plateau, c’est pareil. Sur la voie qui mène à Abobo, les trottoirs se sont transformés en gares.

Les policiers ont du mal à gérer la circulation malgré les contraventions et les confiscations de permis de conduire de certains cas d’indisciplines dans la conduite. Ouattara Kader, sous-chef de la gare d’‘‘Abobo route du zoo’’ nous explique les raisons de leur présence : « Nous n’avons pas reçu d’autorisation pour nous installer, mais nous n’avons pas encore été interdit d’exercer nos activités. Les populations viennent ici pour emprunter, nous ne pouvons qu’en profiter », nous explique-t-il.  

Adjamé ‘‘en bas du pont’’ est concerné par ce problème. Les trottoirs ont été transformés en gares anarchiques.  Yopougon Siporex, Treichville ‘‘gare de Bassam’’, etc. Ces gares anarchiques créent le désordre dans la capitale économique. Pourquoi ont-elles été créées à ces lieux au nez et à la barbe des autorités ?

Les mesures prévues par les mairies d’Abidjan

Interrogé sur ce phénomène, certaines mairies ne nient pas le constat : « Depuis la gestion du maire Adama Toungara (ex-maire d’Abobo), un arrêté municipal a été publié pour interdire ces stationnements anarchiques. Mais, les transporteurs ne les respectent pas. Normalement, ils doivent tous s’installer à la gare internationale d’Abobo. Mais ils refusent malgré les concertations et repressions. Bientôt, une prochaine phase de sensibilisation et de répression sera mise en application », a indiqué une source au service de communication à la mairie d’Abobo.

Même constat à la mairie de Yopougon, où la municipalité dit être face aux faits. Le service de communication que nous avons contacté expliquent que des séances de travail se tiennent afin d’endiguer ce phénomène : « Je pense qu’un arrêté ne peut pas régler ce problème. Il faut déjà mettre en place des mécanismes pour éviter qu’on ait des stationnements illégaux. C’est pourquoi, nous travaillons avec d’autres structures notamment l’Autorité de la mobilité urbaine dans le grand Abidjan (Amuga), le Haut conseil patronal du transport, les entreprises et responsables des organisations de transport de la commune, afin de trouver la bonne formule », explique notre source.  

A la mairie d’Adjamé, les autorités municipales assurent par la voix de Ouattara Sékou, Directeur des services socio-culturels que les mesures sont prises pour éviter ces stationnements interdits dans la commune.   

En attendant que ces mesures municipales ne soient perceptibles, le phénomène des gares anarchiques s’impose peu à peu à Abidjan et trouble la circulation routière.

Ahmed Coulibaly

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