Présidentielle: le RHDP peut-il gagner sans alliance?

par nordsud.info
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Le paysage politique ivoirien est monopolisé depuis plus d’une décennie par une « tricéphalie » : le Front populaire ivoirien (FPI), désormais Parti des peuples africain de Côte d’Ivoire (PPA-CI), le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Autre caractéristique, en Côte d’Ivoire ,lorsque des représentants de ces 3 apparatchiks politiques sont dans les starting-blocks, une élection présidentielle ne s’est jamais gagnée à seule contre deux. L’histoire des conditions qui ont entouré l’élection des différents présidents de la Côte d’Ivoire en est un cours magistral. Les présidentiellesde 2000 remportées par Laurent Gbagbo en tandem avec Alassane Ouattara.Celles de 2010 et de 2015 dont Alassane Ouattara est sorti vainqueur en duo avec Henri Konan Bédié constituent des témoignages de cette coutume. La présidentielle de 2020 remportée en solo par Alassane Ouattara fait office exception à la règle, mais il remonte à la surface qu’un poids lourd, Laurent Gbagbo était aux abonnés absents ainsi que Henri Konan Bédié et toute l’opposition liguée dans le boycott.

Sauf cataclysme, en 2025, les 3 chapelles politiques, peu importe les noms de leurs représentants, seront à l’assaut de la magistrature suprême. Ce seront les grandes retrouvailles comme en 2010. Cette présidentielle dérogera-t-elle à la règle ?   L’un des porte-étendards des 3 grands partis réussira-t-il à gagner tout seul contre les tous les deux autres ?

PPA-CI

Au PPA-CI, l’appel de Laurent Gbagbo visant à composer une opposition avec un front uni contre le parti au pouvoir est un premier élément de réponse. Rajoutée à son alliance avec le PDCI lors des législatives couplées aux régionales et à son objectif de moins en moins masqué de faire bloc avec le vieux parti, la réponse de Laurent Gbagbo est claire : gagner seul contre tous en 2025 est quasiment mission impossible. Le besoin d’engranger des alliés semble indispensable. Depuis son retour, son divorce-politico-matrimonial avec Simone Gbagbo, son éloignement de Charles Blé Goudé et sa farouche opposition à Affi N’guessan n’auront certainement pas contribué à élargir ses potentiel-électeurs. En l’état actuel, plus d’un mois après sa main tendue, c’est toujours silence radio dans le camp de l’opposition. Aucun ralliement, aucun rapprochement à l’horizon.

Dans l’intermède de 2025, les regards seront de plus en plus tournés vers le résultat de l’appel lancé par le poids lourd de l’opposition ivoirienne.L’autre grande question connexe pour le parti est celle de la candidature de Laurent Gbagbo qui ne pourrait être retenue tant que sa condamnation qui l’empêche de jouir de ses droits civils et politiques ne sera pas levée.

PDCI

Dans le camp du PDCI, le feu vert du parti en vue de l’alliance avec le PPA-CI, son rapprochement avec le Mouvement des Générations Capables de Côte d’Ivoire (MGC) lors des joutes régionales et législatives illustre l’avis du parti sur le sujet. Le décès du Sphynx de Daoukro qui présidait aux destinées du parti lors de ces échéances et son remplacement par Tidjane Thiam, poussera-t-il le parti à tenter une aventure solitaire ? Mystère et boule de gomme, mais l’entourage du nouveau visage de l’arène politique étant consciente des réalités de la scène politique ivoirienne, l’option d’accorder les violons du PDCI à celui d’un autre parti sera certainement prise en compte.

Une possibilité que le parti devra stratégiquement étudier pour espérer augmenter ses chances de voir se réaliser son rêve d’occuper le palais présidentiel. En amont, le premier enjeu pour le parti sera de gérer les conflits de personnalités entre Jean-Louis Billon et Tidjane Thiam. Le parti qui a apporté son soutien au RHDP aura certainement pour objectif d’être soutenu par un autre parti pour prendre le pouvoir.

RHDP

Rêveur d’un 4è mandat, le RHDP, parti au pouvoir, est sorti en pole position des derniers rendez-vous électoraux. Il ne dort pas pour autant sur ses lauriers. Une opération séduction envers le PDCI avait en effet été initiée du vivant de l’ancien président du parti. Un partenariat avec le FPI a en outre pris forme à l’aune des législatives et des régionales. Des expériences qui mettent en évidence le désidérata du parti en dépit de son hégémonie sur la scène politique actuelle de contracter des alliances.  L’option de faire équipe avec un autre parti phare ou plusieurs partis satellitaires n’est donc pas une carte impossible à jouer en 2025.

De toute évidence, la priorité en l’état actuel demeure le choix du candidat du parti. A l’instar des 2 partis phares du marigot politique ivoirien, le RHDP ne voue pas aux gémonies l’éventualité de faire chorus avec un autre parti afin d’éviter une surprise désagréable. Néanmoins, en 2025, au vu de ses résultats lors des précédentes élections, législatives, municipales, régionales, le RHDP détient les plus grandes chances de gagner sans alliance à la présidentielle. Mais ce serait un pari risqué. In fine, seul le temps dira si un parti peut véritablement triompher seul contre tous.

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