L’élection de ses délégués et secrétaires départementaux ce week-end, a été un signal fort lancé par le Congrès pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep) de Charles Blé Goudé. Silencieux et plutôt calculateur depuis son retour au bercail le 26 novembre 2022, le fils de Niaprahio se prépare à descendre dans l’arène, tout comme Laurent Gbagbo avant lui. Surnommé le Général de la rue, Charles Blé Goudé avait jusque-là bâti son succès sur l’aura de Gbagbo. Mais son retour de la Cours pénale internationale (CPI) et sa rupture avec son ancien mentor ne l’ont pas seulement affaibli. Le Général s’est aussi fait des ennemis dans la gauche.
Offre politique
Au contraire d’une Simone Gbagbo endurcie ou d’un Affi N’Guessan accommodant, Blé Goudé ne montre aucune lecture politique ralliant pour ses partisans, déjà dépouillés par le Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI). Alors, maintenant qu’il se prépare à être un parti sérieux dans la course à la présidentielle, que peut offrir Charles Blé Goudé aux Ivoiriens ? « On s’attend à ce que Blé Goudé aille vers les populations pour leur faire une offre politique. L’élection des secrétaires départementaux et des délégués du Cojep est le signe que ce parti se veut sérieux. Vous ne pouvez pas prétendre participer à la gouvernance d’un pays, sans que la population ne vous connaisse. Or, aujourd’hui, que sait-on de Charles Blé Goudé ? Peut-il drainer des sympathisants? Quand vous faites une manifestation, les gens viennent toujours en nombre. Mais parmi eux, il y a des curieux et même des membres du camp opposé venus vous espionner. Il est donc difficile de dire qui vous suit réellement », souligne le politologue Landry Kuyo.
Pour lui, Charles Blé Goudé sort du silence et tient à montrer qu’il n’est pas un flambeur. « Il va falloir avoir des représentants sur l’ensemble du territoire national. Des personnes qui vont aller vers les populations pour parler de son projet politique », termine-t-il. Sauf qu’en termes de propositions, outre la réconciliation, le génie du Kpô n’a pas encore fait de véritables offres politiques.
Georges Dagou
