Yacouba Sangaré, député dans la circonscription électorale de Koumassi, était face à la presse le 7 juillet dernier à Abidjan, pour présenter une proposition de loi sur le mariage. Une proposition de loi intitulée «Proposition de loi modifiant et complétant la loi n°2019-570 du 26 juin 2019 relative au mariage». L’initiative est favorable à la légalisation de la polygamie optionnelle en Côte d’Ivoire, comme l’ont fait le Gabon, le Mali, le Sénégal, le Cameroun, l’Afrique du Sud, le Congo, le Kenya…
Le reflet de notre société
Si le sujet fait couler beaucoup d’encre et de salive en Côte d’Ivoire, au sein de l’hémicycle, il semble séduire. Selon Me Méité Abdoulaye, député de Kani, il faut applaudir l’honorable Yacouba Sangaré pour sa proposition. «Ce genre d’initiative est à encourager. Il ne faut pas attendre que toutes les propositions de loi viennent du président de la République. Dans la forme, c’est une excellente chose. Dans le fond, nous allons analyser cette proposition de loi et donner notre point de vue. Mais, ce que je peux dire maintenant, c’est qu’il faut que les lois soient le reflet de notre société. Il faut qu’elles épousent nos réalités. Il faut se demander si ce que notre collègue propose avantage ou désavantage la société. C’est une réflexion autour de laquelle j’invite mes collègues à prendre part au moment venu», note le député de Kani.
Homosexualité
Même son de cloche pour Coulibaly Gonougo Mamadou, député de Boundiali. «Je dis que cette proposition de loi est salutaire. La plupart de nos responsables ont de nombreuses épouses. Alors, au lieu de rester dans la clandestinité avec plusieurs femmes, pourquoi ne pas légaliser cela ? Pour ma part, je crois que si cette proposition de loi est bien présentée, elle a une chance de passer à l’Assemblée nationale», explique l’honorable Coulibaly.
Elidjé Joseph Ecra, député de Bonoua, n’est pas en reste. «Dans ma culture traditionnelle, on est polygames. Au plan mondial, on fait la promotion des pratiques telles que l’homosexualité. Pourquoi la polygamie devrait-elle poser problème ? Je ne voterai pas contre cette proposition de loi. J’ai des frères polygames», tranche l’honorable.
Un état d’esprit partagé par la plupart des députés de l’hémicycle.
Les quelques voix qui s’élèvent contre ce projet sont naturellement féminines. Mais, avec environ 32 femmes sur 256 députés, tout semble indiquer que la proposition de loi de Yacouba Sangaré va vers une adoption.
Raphaël Tanoh
