Mohamed, jeune drogué, témoigne

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 131 vues

Mohamed a été confronté à ce cas. Le garçon de 20 ans habite Abobo-Baoulé. Nous l’avons rencontré ce mercredi, dans l’une des buvettes d’Abobo, « carrefour menuiserie ». Il n’a pas cours et accepte de se livrer à nous. Mohamed affirme avoir fait connaissance en 2014 avec la drogue en classe de 3ème dans l’un des établissements de renom dans la zone d’Angré. Ses parents l’ont envoyé en désintoxication, à la Croix Blue. Déscolarisé pendant deux ans, à cause du phénomène, il a changé d’école à deux reprises, avant de passer son baccalauréat avec succès l’année dernière. Cette année, il passe le BTS dans un établissement des Deux-Plateaux. Après avoir arrêté la drogue, il évoque la dangerosité du phénomène à tous ceux qui s’y intéressent.

«J’étais timide à l’école. Mais j’étais assidu et j’avais de bonnes notes. Mes parents me donnaient de l’argent de poche. J’avais deux amis qui l’avaient remarqué. Ils me voyaient prendre mon petit déjeuner, du pain avec des garnitures tous les matins et des spaghettis au kiosque, les midis. Je grignotais aussi beaucoup : des biscuits, du chocolat… C’est là qu’ils se sont liés d’amitié avec moi. À l’école, il y a un quartier juste derrière avec des ruelles, un petit marché et des recoins. Un jour, je les ai vu fumer, là-bas, le soir, alors qu’on avait fini les cours. J’ai d’abord cru que c’était de la cigarette. Comme je n’avais rien dit, alors, une autre fois, ils ont enroulé de l’herbe dans du papier devant moi. J’ai su que c’était de la drogue. J’ai eu peur sur le champ et j’ai demandé si ce n’était pas dangereux. Ils m’ont dit qu’ils faisaient cela depuis longtemps et qu’au contraire c’était bon et ça aidait à avoir confiance en soi, avec les filles. Ce jour-là, je n’en ai pas pris. Et puis, un jour, alors qu’on était sorti à la recréation, ils m’ont demandé de les suivre. On est allé dans le quartier derrière l’école. Ils m’ont dit d’essayer. J’ai demandé c’était quoi, ils m’ont répondu que c’était du cannabis. J’ai tiré une bouffée. J’ai eu la tête qui tournait et je me suis mis à tousser. Ensuite, ils m’ont dit de prendre du chewim-gum pour ne pas que l’odeur reste sur moi. Tout le reste de la journée je me suis senti bizarre. Quand la sensation est partie, je ne voulais plus prendre cette drogue. Mais deux jours après, j’ai eu envie de ressentir la même sensation. C’est comme cela que je me suis mis à fumer du cannabis. On se retrouvait là-bas parfois, à la récréation, lors des descentes, ou même pendant des cours, pour fumer. Il y a juste un fumoir non loin de là. Je ne l’ai jamais vu mais tout le monde en parlait.  Le type qui nous vendait la drogue, les enroulait dans de petit sachet à 200 FCFA. Il était très discret et demandait de l’appeler toujours d’avance quand on voulait se faire livrer. C’est devenu une addiction pour moi. Je me suis aussi mis à boire de l’alcool. Et puis, j’ai commencé à manquer d’argent. Au début, le vendeur de drogue, nous faisait crédit après il a commencé à exiger qu’on paie. Une fois, je me souviens qu’on a volé le livre de mathématique d’un élève de la classe pour aller le vendre dans une librairie parterre d’Abobo, derrière la mairie, pour pouvoir payer la drogue. Peu à peu j’ai commencé à sécher les cours. Mes vêtements étaient tout le temps sales, mes cheveux mal peignés. Je me négligeais. Les professeurs l’ont remarqué et on a convoqué mes parents. Mais, ils le savaient déjà».

Recueillis par Raphaël Tanoh

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