Le frère cadet de l’ancien président de l’Assemblée nationale (PAN) était à la barre du tribunal criminel du Plateau, ce jeudi. Soro Yedjossigué Simon y était auditionné dans le cadre de son inculpation pour complot et tentative d’atteinte à l’intégrité de l’Etat, divulgation de fausses nouvelles. Celui qui s’est présenté comme citoyen Américain vivant en Géorgie, dans la ville d’Atlanta, a indiqué au tribunal qu’il dirigeait l’ONG «La Vie», une structure qui soigne les personnes démunies. Il expliquera à la cour pourquoi il était prestement rentré en Côte d’Ivoire. Et ce qu’il faisait le 23 décembre 2019 au ‘‘bureau annexe’’ de Guillaume Soro, à la Rviera-Golf, lorsqu’il a été arrêté ? Il était venu voir Koné Kamaraté Souleymane, alias ‘‘Soul To Soul’’, à l’entendre.
Arrestation
Depuis son arrestation, selon l’accusé, il n’a pas compris les charges qui pesaient contre lui. «Je n’ai jamais négocié quoi que ce soit parce que je n’ai rien fait», explique-t-il au président du tribunal, Charles Bini.
Le procureur de la République, Adou Richard, lui demande s’il a participé à la conférence de presse tenue ce 23 décembre 2019 par Alain Logbognon. «Non», répond l’accusé. Les avocats de l’Etat lui exposeront la retranscription d’une conversation téléphonique qu’il a eue avec son frère Soro Porlo Rigobert ce 23 décembre. Dans cette conversation, Soro Rigobert affirme : «ils veulent l’enlever ». Soro Simon répond : «on est informés».
Conversation
Ils voudront savoir le sens de cette conversation. Soro Simon ne reconnaît pas avoir dit cela et exige d’écouter la bande audio. Les avocats de la défense voleront à son secours. Notamment, Me Abdoulaye Diallo, Me Kadidiatou Touré, Me Drissa Traoré, très offensifs ce jeudi.
Ils ont notamment tenté de démontrer que Soro Simon n’était pas au courant des projets de son frère aîné, mais en plus, ce dernier le tenait en dehors de sa vie politique. Puis, sous les questions de la Défense, Soro Simon s’accord un moment d’émotion : «je suis otage, parce que parce que je suis le petit frère de Guillaume Soro». Il affirme avoir changé de prison à trois reprises, être tombé gravement malade, alors qu’il n’a rien fait.
Autres personnes auditionnées, ce jeudi : Babou Traoré, membre important du mouvement politique, Générations et peuples solidaires (GPS), dont Guillaume Soro est le président. Contrairement aux autres, il bénéficie d’une liberté provisoire. Ce dernier a expliqué qu’il n’a participé ni à l’accueil de Guillaume Soro, ni pris part à la conférence de presse animée le 23 décembre 2019 par Alain Lobognon.
Ardjouma Koné, gendarme, anciennement détâché à la garde rapprochée de Guillaume Soro, est également passé à la barre. Il a signalé qu’il avait été déjà affecté ailleurs pendant que ces évènements du 23 décembre se déroulaient. Et s’est plaint qu’il avait été d’abord dit qu’il était témoin dans cette affaire.
Raphaël Tanoh
